Samedi 26 novembre 2011 : Visite du Moulin de Latour et les Forges d’Orval avec réunion d’informatio
- 15 mai
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Le samedi 26 novembre 2011, l’Association Les Moulins des Ardennes a organisé une journée de visite avec réunion d'information sur la continuité écologique. La journée a commencé le matin par un accueil, avec un bon café, près du Moulin de Latour. C’était un instant de retrouvailles pour les uns et un moment de rencontre pour les autres. Nous avons eu la chance d’accueillir parmi les membres de notre association, également des membres des associations Les Moulins Marnais, les Amis des Moulins de Wallonie-Bruxelles et d’autres passionnés de moulins.
Le Moulin de Latour, situé en Belgique, près de Virton, appartenait en 1199 au Seigneur de Latour.
Le moulin était équipé de deux roues à aubes. C’est l’eau de la Vire qui activait ces roues, l’une pour le moulin à blé et l’autre pour la scierie.
Le moulin cesse son activité en 1954. Mario Luyten, le propriétaire du moulin depuis 2007, a aujourd’hui pour une partie déjà, magnifiquement restauré ce moulin. Il a construit et installé une roue dont son diamètre est de 6 mètres, type Zurpinger, avec lequel il fabrique son électricité. Pendant notre visite, Monsieur Guillardin nous a fait revivre l’histoire du village de Latour et du moulin et Monsieur Lahure nous a donné une explication technique des différentes étapes de la restauration du moulin.
Après notre repas pique-nique près du Moulin, nous descendons en voiture vers Orval. Monsieur Albert d’Otreppe, propriétaire des Forges, nous y accueille et nous fait visiter les lieux. C’était pour moi une première de faire découvrir cette partie de l’histoire et de l’architecture de la vallée d’Orval.
Cette journée reflète si bien l’amitié et la convivialité qui sont présents parmi les propriétaires et amoureux des moulins. Ils sont tous ded passionnés du savoir faire d’autrefois, de la mécanique, de l’hydraulique et de la sauvegarde de ce patrimoine qui mérite absolument d’être conservé.
A l’entrée d’Orval, près du carrefour se trouvent les Forges d’Orval. C’est l’ensemble de bâtiments qui se dressent en contrebas de la digue de l’étang principal des Forges. La Grande Halle au Charbon de bois domine l’ensemble. L’étang principal des Forges avec ses cygnes et foulques est un endroit pittoresque. Au fond se dresse le beau Châteaud’Orval. A son emplacement était autrefois construit la Maison du Maître des Forges. C'est en 1529 que l'Empereur Charles Quint autorisa les moines d'Orval à construire les Forges aux portes même du monastère. Déjà en 1530, la première taque y fut coulée. Elle représente les armoiries de Jadques de Barancy, à cette époque Abbé d'Orval. Les Forges d'Orval traitaient les minerais pauvres. C'étaient des minerais extrait à faible profondeur. Avec ce minerai on obtenait un fer tendre avec lequel on fabriquait des ustensiles de cuisine, des taques de cheminées, ... C'était un fer cassant de moindre qualité. En Lorraine française les moines d'Orval possédaient également des forges : le Dorlon et le Buré. On y fabriquait le fer fort. Il était fabriqué avec le minerai de Saint Pancré. C’était un fer d’excellente qualité, comme disait Louis XIV. Les gueuses furent transportées à Orval pour être travaillées dans la platinerie, la fenderie, la tréfilerie. Ce fer servait pour la fabrication d’armes à la Manufacture de Charleville. A l'Abbaye se trouvait également une école de ferronnerie d'art où de véritables chefs d’œuvres furent créées sous l'école du frère ferronnier Armand Robin. L'industrie métallurgique devenait une industrie florissante pour les moines d’Orval. Ils auront également des possessions dans le pays de Liège, à Huy, où les moines auront leurs hauts fourneaux. Dans le bassin du Houyou, endroit où se développera plus tard une nouvelle technologie de l’industrie métallurgique. Un jour l’Abbaye d’Orval se trouvera à la tête de l’industrie métallurgique de l’occident. Les revenus financiers de cette industrie permettront qu'au 18ème siècle, les moines d'Orval pourront construire un fout nouveau monastère. L’Architecte Laurent Benoît Dewez, Architecte à la Cour de l’Empereur des Pays-Bas Autrichiens, un maître dans l’architecture Néo-Classique dessina les plans : Un somptueux monastère, au gout de l'époque, avec des vastes fondations.
Mais ces nouvelles constructions ne seront jamais achevées. L’architecte avait vu trop grand et les bâtiments étaient luxueux. La trésorerie du monastère commençait à s’épuiser. La Révolution Française s’approchait de plus en plus près des frontières des Pays-Bas Autrichiens, là où se trouvait Orval. Le jour fatidique du 23 juin 1793, Les Révolutionnaires pilleront et détruiront le monastère. La communauté sera obligé de se disperser dans le pays. Pour les Forges d’Orval et l’Abbaye en ruine, les temps seront difficiles. Ils passeront à plusieures reprises entre les mains de différents propriétaires, jusqu’au jour ou Madame de Harenne hérite du domaine pour pouvoir redonner plus tard une nouvelle vie à ces bâtiments.
Notre journée se termine l’après-midi avec une réunion d’information sur la continuité écologique. En France, nos Moulins à Eau sont dans la ligne de mire. C’est en janvier 2010 que voit le jour le Circulaire Borloo, circulaire qui suit en réponse aux Directives Cadre Eau. La destruction des seuils de nos moulins est presque la solution miracle aux problèmes de pollution de nos rivières, de passage des poissons, comme celui des inondations. Les moulins à eau avec leurs seuils ont une existence légale. Fondé en titre, réglementé ou autorisé, des documents existent pour prouver leur existence légale. Au moyen d’une présentation diapo, nous avons pu montrer les résultats des recherches aux archives. Entre participants, nous avons pu échanger nos expériences concernant la continuité écologique des cours d’eau, les difficultés que rencontrent les propriétaires de nos moulins et tous les arguments que nous avons pour défendre nos moulins face aux mesures prises à l’encontre de ceux-ci. Différentes motivations avaient été retenues, comme la fabrication de l’hydroélectricité. Il y a un potentiel, nos moulins fabriquent de l’électricité juste là où le besoin est le plus important, c'est à-dire l’hiver. A ce moment les éoliennes ne fabriquent justement peu car un temps froid donne un manque de vent. Il y a également la fourniture de travail pour les sans-emploi ou les jeunes en difficultés. Monsieur Fernand Platbrood a créée une entreprise qui fabrique des alternateurs avec du matériel d’occasion. Le rembobinage des alternateurs peut être effectué par des jeunes sans emploi, ce qui donne un moyen de reconversion pour ces personnes. Puis il y a le patrimoine, sans aucun doute la motivation la plus importante pour la conservation de nos moulins. Nos moulins existent depuis des siècles, et jamais ils n’ont empêché les poissons de vivre et de remonter les cours d’eau lors des migrations. La soirée s’est terminée avec un repas à l’Auberge de l’Ange Gardien. Pour tous les participants la journée était une réussite et nous serions heureux de pouvoir renouveler cette expérience riche en échanges. Texte : Diels Liesbet






























































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